Nom de l’auteur/autrice :La Chambre Noire - Théâtre

Spectacles

LA GUERISON INFINIE – 2013

Adaptation de l’ouvrage éponyme rassemblant le dossier médical d’Aby Warburg et de ses écrits sur l’Art Texte et mise en scène de Raphaël Patout Assisté de Anne-Laure Sanchez Avec Pearl Manifold Costumes de Sigolène Petey Conseiller dramaturgique Bernard Bouteille Frieda Hecht, infirmière, est hantée par la vie d’un homme. Elle est traversée par ses paroles. Elle refait comme lors d’un rituel les gestes qui ont caractérisé sa vie. Elle retrace un chemin. Le chemin d’Aby Warburg, historien de l’art allemand, qui a été interné à la clinique psychiatrique Bellevue le 15 avril 1921. En 1918, suite à la première guerre mondiale et à son ignominie, Aby Warburg, historien de l’Art, est victime d’une crise de psychose aigüe: il croit être responsable de la défaite de l’Allemagne et menace les membres de sa famille avec un revolver. Condamné par le diagnostique de différents psychiatres, il est interné en 1921 à la clinique Bellevue. Tout le corps médical est formel, jamais il ne recouvrira la santé. Cependant, Aby Warburg a le sentiment que c’est son travail scientifique qui lui permettra de s’en sortir. Ainsi, il poursuivra ses recherches tout en bénéficiant en parallèle des soins administrés par le psychiatre Ludwig Binswanger. A partir de l’ensemble de la documentation qu’il a accumulé durant des années, il commencera à composer les planches de l’atlas Mnémosyne qui sera l’un des ouvrages majeurs (car révolutionnaire) de l’histoire de l’art. En effet, celui-ci cherche à décrire ce que son auteur appelle les formules du pathos. Il est composé de planches qui rassemblent des reproductions de tableaux, d’objets ou encore d’ornements issus d’époques et de civilisation différentes. Aby Warburg veut avoir une analyse transversale de l’histoire. Il rompt avec la méthodologie traditionnelle de sa science. En 1924, après avoir prononcé la célèbre conférence sur Le rituel du serpent devant les patients, il sera autorisé à quitter la clinique Bellevue. Le spectacle sera constitué à partir d’extraits du dossier médical d’Aby Warburg qui est composé de son journal d’internement et de la correspondance que celui-ci a entretenu avec sa famille, ses amis et ses psychiatres. Raphaël Patout « Ces textes offrent un témoignage poignant. […] Leur portée dépasse l’histoire, car ils permettent de poser une question fondamentale: Qu’est-ce que guérir? » Davide Stimilli Coproduction : La Chambre Noire-Théâtre (Lyon) et Le Festival de Caves (Besançon)

Critiques

Critique de LA GUERISON INFINIE – Philippe Du Vignal

Lien: http://theatredublog.unblog.fr/2013/06/28/ La Guérison infinie, c’est un montage de textes: réflexions notés par une infirmière, extraits de son dossier médical, de l’historien d’art allemand Aby Harburg, soigné en 1923 pour de graves troubles mentaux à Kreuzligen, en Suisse. Il souffrait, selon les termes d’une lettre du directeur de la clinique à Freud, d’une grave psychose, accompagnée d’angoisses, d’obsessions… Aby Harburg avait choisi pour une conférence qui devait servir de test à une éventuelle sortie de l’hôpital les souvenirs d’un voyage qu’il a fait  vingt sept ans auparavant aux Etats-Unis. Issu d’une grande famille de banquiers juifs de Hambourg, il entretenait des relations difficiles avec le judaïsme, et avait choisi pour thème, de  cette conférence la manière dont les Indiens Hopis, maîtrisent collectivement, par le rituel dit du serpent , une peur immémoriale, et croient dominer les forces de la nature par le jeu de la pensée symbolique. Warburg y met en évidence le caractère schizophrénique de la civilisation occidentale. Cassirer, l’autre grand historien de l’art allemand, avait bien vu qu’il sentait derrière les œuvres d’art les grandes énergies formatrices d’une civilisation. Mais Harburg,  profondément malade, avant que la dégénérescence neuronale ne lui provoque, cinq ans plus tard, une attaque cardiaque fatale, prononçait aussi des phrases qui font froid dans le dos: « Je suis à la terminaison d’une chaîne d’intrigue, sans que je sache de quoi il s’agit. Parce qu’on ne me dit rien. 18 juin Un nid de merles, avec quatre petits, a disparu. Les petits étaient mes enfants. 4 juillet Pourquoi vous me coupez les cheveux? 7 juillet Le thé est contrefait, il pue, il y a du poison dedans! Le court de tennis est un lieu de rencontre pour criminels. L’eau du lac n’était pas humide, les petits garçons qui se baignaient sont ressortis secs! Le docteur Ludwig Binswanger a expédié par le train des caisses remplies de chair humaine. À la fin, qui êtes-vous ? Qui m’a envoyé dans cette caverne, où il n’y a que des putains, des souteneurs, des criminels, des meurtriers. Le gardien chef veut me tuer aujourd’hui! Petit Warburg, si cette maudite bête de Satan d’infirmière ne te protège pas, tu es perdu ! Ne m’abandonne pas! Ma bonne étoile! Qui êtes-vous donc, pour faire de telles choses ? Bande de cochons. La fange qu’on me donne pour nourriture est faite de sang humain? » Raphaël Patout a très finement adapté,  dans une forme courte, ces textes qui sont souvent d’une violence inouïe, interprétée par une jeune comédienne, Pearl Mainfold. Aucun décor si ce n’est une carcasse de paravent en bois où elle accrochera puis décrochera à la fin ces photos de Harburg, de sa famille mais aussi d’œuvres d’art, toutes en noir et blanc.  Il y a juste une grande table de bois, avec posé dessus, un flacon contenant un serpent, allusion  à ce rituel des Indiens Hopis. Avec,  comme seul éclairage,  deux balladeuses à ampoule fluo répandent une lumière blafarde dans cette  petite cave voûtée où le public est en grande proximité avec l’actrice, très bien dirigée par Raphaël Patout. Elle a une belle présence et dit ces textes fulgurants avec précision et légèreté à la fois, textes que la musique d’Arno Pärt vient heureusement aérer par instants. Mieux vaut ne pas être claustrophobe mais rarement un lieu n’aura été aussi adapté à un texte d’une telle intensité. Soixante minutes pas plus, on ressort de là comme un peu sonné par le destin de cet homme à la grande sensibilité artistique, frappé encore jeune par la maladie mentale; difficile, pour nous, de ne pas faire le parallèle avec cette grande historienne de la danse que fut Laurence Louppe, frappée elle aussi par cette même maladie… Le spectacle devrait être repris mais il vaudrait mieux qu’il le soit dans une cave comme ici. C’est une sorte d’aventure  que Guillaume Dujardin a eu raison de programmer et c’est est bien qu’un festival comme celui des Caves puisse accueillir des spectacles hors normes comme cette Guérison infinie… Philippe du Vignal

Archives, Spectacles

DIGRESSIONS AUTOUR DE LA TAUROMACHIE – 2013

Mise en scène de Raphaël Patout Assisté d’Anne-Laure Sanchez Avec Anaïs Mazan, Anne-Laure Sanchez, Charly Marty et Seb Hoen La Corrida est à l’origine de nombreux débats. Elle scandalise. Elle fascine. Elle interpelle et fait de l’effet… C’est un spectacle à part dont on ne ressort jamais indemne. N’est-ce pas l’objectif de tout artiste ? Pendant ces 7 jours, je veux explorer l’art de la tauromachie, imaginer que la scène est une arêne, que le comédien est un matador.   Spectacle créé le 7 Mars 2013 dans la grande Orangerie du Jardin de l’Arcquebuse – Dijon – 21, dans le cadre des sets du Sept, organisés par le Collectif7prime.

Actions cuturelles et Formations, Spectacles

POETIQUE DU WEB – EPLFPA de Quetigny-Plombières – 2013

Spectacle écrit pas les élèves de l’EPLFPA de Quétigny-Plombières. Mise en scène de Raphaël Patout Assisté d’Anne-Laure Sanchez Vidéo de Jean-Michel Touzin De manière aussi radicale que l’imprimerie de Gutenberg à la Renaissance, Internet a bouleversé notre relation à la connaissance, au divertissement, au désir, et de ce fait notre relation à l’autre et au monde. Nier cela revient aujourd’hui à vivre avec des ornières et à ne pas considérer un des médias structurants de notre société. Nous ne sommes qu’au début de la compréhension de celui-ci et de ses conséquences. Suivant ce que nous dit Bernard Stiegler, philosophe, chaque nouvel outil induit de nouveaux dispositifs, de nouvelles techniques, et de ce fait de nouveaux langages, de nouveaux sens, de nouvelles structures psychiques et ainsi de nouvelles manières d’appréhender et d’apprécier au sens premier, l’homme et le monde. Communément, on a tendance à « diaboliser » Internet et le virtuel de manière générale, à n’en voir que les dérives et les dangers, à vouloir de ce fait « moraliser » en promulguant des lois. Parce qu’il est né de manière pirate, il me semble que cela est peine perdue et j’ai même tendance à croire que cet espace que l’on peut qualifier de « sauvage » est intéressant justement par cette absence de contrôle. Création dans le cadre du festival Itinéraires Singulier de Dijon. Repris lors des journées Culture et Territoire à Auxerre. Production: La Chambre Noire – Théâtre. Ce spectacle bénéficie du soutien de la Drac Bourgogne, du Conseil Générale de Bourgogne et de l’EPLEFPA de Quétigny-Plombières.

Spectacles

LORENZACCIO – 2012

Avec Julie Tarnat, Charly Marty, Anaïs Mazan, Léopoldine Hummel, Pierre-François Doireau, Maxime Kerzanet, Mathieu Barché, Camille Roy et Valentine Basse Mise en scène de Raphaël Patout Assisté de Valentine Basse Scénographie et costume de Benjamen Moreau Assisté de Sigolène Petey Lorenzaccio d’Alfred de Musset est une grande pièce, de part sa taille bien évidemment (le texte intégral est rarement monté), mais surtout de part sa composition. Ceci n’est plus à démontrer. Elle est un labyrinthe dans lequel les destins d’une multitude de figures se croisent et s’entrecroisent dans la Florence du 15ème siècle, livrée à la tyrannie sanglante du Duc Alexandre. Au-delà du parcours particulier de Lorenzo de Médicis, c’est tout une société que l’auteur dépeint dans son poème. La ville de Florence n’est pas une toile de fond. Elle est le personnage principal du drame. Que ce soit Lorenzo, le républicain Philippe Strozzi, la marquise de Cibo, ou encore le peintre Tebaldeo, chaque personnage se débat entre une Florence illustre rêvée et la réalité de celle-ci. Chacun à sa manière est un symptôme de l’affaissement moral et du désespoir qui règnent dans les rues et les recoins de la cité. Lorenzaccio est à proprement parler, une fresque qui rend manifeste la paralysie d’une société qui ne croit plus en son destin, et mêle avec habileté tragédie collective et drame personnel. L’idéalisme de Lorenzo est séduisant et l’on est touché d’emblée par son rêve de pureté et son désir inconsolable de justice. On a le sentiment de voir un être figé dans l’adolescence, découvrant avec naïveté la corruption et les rapports d’intérêts régnant parmi les hommes. Cependant, c’est le Lorenzo adulte qui m’intéresse aujourd’hui. Tout au long de son parcours, il témoigne d’une lucidité aiguë sur lui-même et sur le monde, donnant lieu à des sentences sublimes. C’est cette lucidité qui me semble la plus troublante. Bien que son idéal républicain soit gorgé de vertu, justifie-t-il le crime et le meurtre d’Alexandre? Justifie-t-il le fait qu’il se soit roulé dans la débauche pour parvenir à ses fins, lui valant le surnom péjoratif de Lorenzaccio,? La fin justifie-t-elle les moyens? Dans ses actions et dans sa langue, Lorenzo fait preuve d’un lyrisme désarmant pour notre époque. Tout relève chez lui d’un intérêt supérieur à son existence personnelle. Lorenzo est une sorte de kamikaze. C’est sa langue terroriste que je désire faire entendre. Par ses mots, il capte l’humanité dans ce qu’elle a de plus élevé, mais aussi dans ce qu’elle de plus désespérant. En permanence, il rend manifeste comment les idéaux collectifs sont faibles face aux intérêts particuliers. Sa misanthropie et sa folie ne sont pas le fruit de je ne sais quel dérèglement psychique ou physiologique, mais bien les conclusions d’une démarche consciente et raisonnée. Comme Lorenzo l’affirme lui-même, en tuant le duc et en s’adonnant au crime, il veut que le carnaval florentin cesse et que les hommes comparaissent devant le tribunal de sa volonté. Pour finir, Acte 3 Scène 3, une phrase de Lorenzo résonne pour moi de manière très mystérieuse: « J’aurais pleuré avec la première femme que j’ai aimé si elle ne s’était mise à rire. » Lorenzo ne serait-il pas un Dante sans l’Amour, sans une Béatrice pour guider ses pas jusqu’au septième ciel à travers la Divine Comédie?     Coproduction : Festival des Nuits de Joux (Pontarlier) et La Chambre Noire – Théâtre (Lyon).

Spectacles

LES CHRONIQUES D’UN SUPRASENSUEL – 2012

D’après La Vénus à la fourrure et l’oeuvre de Léopold von Sacher-Masoch Adaptation et mise en scène de Raphaël Patout Avec Pearl Manifold et Pierre-François Doireau Séverin est un esthète. Peintre et philosophe en dilettante tel qu’il le revendique lui-même, il est éperdument amoureux d’une sculpture de Vénus exposée dans un jardin aux lueurs de la lune. Une nuit lors de l’une de ces errances, il voit sur un banc Madame Wanda de Dunajew, étrange incarnation de sa nymphe de pierre. S’ouvre alors une conversation courtoise et raffinée, agrémentée d’histoire de l’Art et de philosophie. Ce sont pour Séverin des moments exquis. Il est fou de désir. Porté par la puissance de celui-ci, il décide un jour de faire don de sa vie à sa Déesse. Il veut devenir son esclave. Il lui propose de signer un contrat par lequel il sacrifie tout dès que la jeune femme est habillée d’une fourrure. Effrayée, elle refuse. Séverin ne s’imagine plus vivre autrement. Il faut absolument qu’il l’éduque, elle doit céder. Il faut absolument qu’il s’insinue en-elle afin qu’elle acquiert le regard, la froideur, la cruauté et l’arbitraire de la toute puissance, et qu’ainsi, elle devienne souveraine absolu de la vie de Séverin. Au fil des jours, un jeu s’organise entre eux, ou plus exactement un rituel par lequel le jeune homme perd délibérément toute autonomie, toute dignité et humanité. Quel rêve poursuit Séverin? Quelle ambition le travaille si intensément qu’il se soumette à ce genre de pratique extrême?     « Je meurs de honte et de désespoir. Et le plus ignominieux est que je ressens une sorte de plaisir fantastique et suprasensuel dans cette situation pitoyable, livré au fouet d’Apollon et bafoué par le rite cruel de ma Venus. » – Léopold von Sacher-Masoch Production: Festival de Caves (Besançon)

Spectacles

LEONCE ET LENA – 2011

De Georg Büchner Mise en scène de Raphaël Patout Scénographie et costumes de Benjamen Moreau Avec Pierre-François Doireau, Charly Marty, Léopoldine Hummel, Julie Tarnat, Anaïs Mazan, Julien Dérivaz, Camille Roy, Maxime Kerzanet, Mathieu Barché Farce aux allures de conte de fées, Léonce et Léna est la première pièce de Georg Büchner. Sa langue est truculente, drôle, et laisse transparaître la colère d’un jeune homme contre son époque. Léonce, prince du royaume de Popo, s’ennuie.  Face à son précepteur, il se  demande quel sens à sa vie, quel est son destin, pour quelle profession il est né. Un jour, un conseiller du Roi Pierre, son père, vient lui annoncer qu’il est promis en mariage à Léna, princesse du royaume de Pipi. Refusant ce projet, il décide de fuir le royaume et de devenir un vagabond, accompagné de son nouvel ami Valério, une sorte de poète philosophe alcoolique qu’il a rencontré par hasard. De son côté, Léna refuse de la même manière celui à qui elle est promise et qu’elle ne connaît pas. Tous deux errent donc à travers la forêt, en quête d’une vie bien à eux.  Léonce et Léna est une farce aux allures de conte de fées.  L’histoire est simple: une prince et une princesse sont promis l’un à l’autre. Ils refusent tous les deux leur destin en fuyant à travers la forêt. Georg Büchner s’amuse et nous amuse. Il utilise les clichés du conte et les pousse jusqu’au grotesque. La langue qu’il met dans la bouche de ses personnages est truculente: ludique, lucide, pleine d’inventions et de cruauté. Parodie du drame romantique et du théâtre baroque, Léonce et Léna est une débâcle de sentimentalité et une orgie de philosophie oiseuse. Que ce soit le Roi Pierre, Léonce, Valério ou Léna, chaque personnage est dans une quête d’absolu. Chacun cherche à se sentir vivant, dans une vie bien à lui. Chacun poursuit une forme d’exaltation, une ivresse, qu’elle soit amoureuse, alcoolique ou philosophique. A travers cette bouffonnerie, transparaît toute la colère d’un jeune homme envers son époque. Erudit, Georg Büchner est très acerbe contre ses contemporains. Pour lui, ces derniers sont gorgés d’un romantisme mou et nauséeux. En particulier, il est très critique envers les membres du gouvernement qui s’occupent en organisant des fêtes et des cérémonies, et en oublient le sens de leur fonction au détriment du peuple. Dans Léonce et Léna, il y a tous les plaisirs de la farce: la drôlerie mêlée à une critique acerbe. Il y a aussi la fougue d’un écrit de jeunesse. Cette pièce est la première de l’auteur. Sa créativité et son inventivité ne trouvent aucune limite. Sa langue est débridée. Production: Festival des Nuits de Joux

Spectacles

LE SALUT DE NARCISSE – 2011

« Sans s’en douter,  Narcisse se désire lui-même ; il est l’amant et l’objet aimé, le but auquel s’adressent ses vœux ; les feux qu’il cherche à allumer sont en même temps ceux qui le brûlent. » – Ovide Texte et mise en scène de Raphaël Patout Avec Léopoldine Hummel et Pierre-François Doireau Costumes d’Angèle Mignot Plage d’Ostie. La nuit. Près de l’endroit où l’écrivain Pier Paolo Pasolini a été assassiné. Echo est endeuillée. Narcisse son amour, est mort. Elle n’a plus de voix à faire résonner. Elle est condamnée au silence. Silence intolérable! Désolée, elle lutte contre celui-ci, contre l’absence de son amour, et tente de retrouver sa voix propre. Peu à peu, recouvrant la parole, elle compose une élégie, un chant d’amour. Elle fait revenir Narcisse du néant. Le solo se transforme en duo, qui fait entendre une troisième voix invisible. Peut-être celle-ci permettra-t-elle à Echo et à Narcisse d’accéder à leur Salut? Le Salut de Narcisse est un poème d’amour. Il est une réécriture et une trahison  du mythe. Il tente de trouver le Salut intime et politique de la figure de Narcisse dans ce monde où il faut renier Dieu pour être entendu, dans notre Monde mécanique. Production: Festival de Caves

Actions cuturelles et Formations, Expositions et travaux plastiques

Exposition « Autoportrait: Corps et sensations » – Associations des centres sociaux du PRADO – 2010

Projet photographique réalisé avec des jeunes du PRADO des Foyers de Tassin-la-Demi-Lune et de Beaurepaire Photographies de Jim Ouzi Mise en scène de Raphaël Patout L’autoportrait est une image de soi, produite par soi-même. Il invite à réfléchir l’image que l’on renvoie et à la manipuler. Il est problématique. Il a un caractère éminemment politique, car il consiste à réfléchir à ce que l’on veut incarner vis-à-vis des autres, à réfléchir à sa qualité esthétique, à se rendre responsable de ce que les autres percevront de nous. Dans le cadre des centres sociaux du PRADO, il nous a paru important de proposer une démarche qui dépasse des enjeux uniquement pédagogiques et d’inviter des jeunes à investir une forme esthétique de manière poétique. Ainsi, nous avons choisi de les accompagner dans la réalisation de leur autoportrait. A partir de jeux et d’improvisations théâtrales, chaque participant a donc été invité a mettre en scène une image photographique. La mise en jeu était d’autant plus intense que la matière principale pour mettre en œuvre celle-ci était le corps. Cependant, très rapidement, dès les premières séances, nous avons vu des épaules se redresser, des démarches prendre de l’assurance, des corps être investis. Peu à peu, dans différents lieux des établissements du Prado, chacun a été amené à projeter une fiction personnelle. En se détachant peu à peu du réel, par une dérivation progressive vers l’imaginaire, chacun a construit une séquence courte de théâtre qui a ensuite été captée par un appareil photographique. L’objectif n’était pas une représentation, mais bien l’élaboration d’une image fixe. Il ne s’agissait pas des capter des traces d’un travail d’atelier, mais bien de fabriquer des images autonomes, de rechercher des qualités plastiques et narratives. Pour réaliser ces images, il nous a semblé important d’offrir des conditions de prise de vue dites « sérieuse ». Nous avons donc travaillé comme dans un studio professionnel: flashs, projecteurs et réflecteurs. Dans une sorte d’aller-retour entre la « scène » et l’appareil photographique, les stagiaires ont véritablement été maitres de leur image. Nous avons eu des échanges très intéressant avec les jeunes sur la qualité de ce qu’ils proposaient. Contrôlant sur l’écran de l’appareil numérique, ce qu’ils donnaient à voir, ils ont d’eux-mêmes amené des ajustements et des corrections: certains ont choisis de changer de lieu, de modifier leur séquence, de la préciser… Chaque prise de vue a donné lieu à une soixantaine de poses, qui ont ensuite été triées, sélectionnées et assemblées, afin de construire une image unique. Face à la variété des propositions et des lieux, il était impossible de procéder de manière systématique. Chaque image est particulière, composée de dix ou de deux photos, suivant la proposition de chacun. Dans la manière dont les séances se sont déroulées avec les dix stagiaires, il y a eu pour nous, quelque chose de très réjouissant. Chacun s’est véritablement emparé du dispositif proposé, chacun à sa manière; ce qui permet aujourd’hui d’être spectateur de dix images très différentes et singulières. Rassemblées, elles sont comme une documentation, dans laquelle transparaissent des états d’être : une esthétique.  

Artistes associés, Raphael Patout

Raphaël Patout – Auteur et metteur en scène

Né en 1984, Raphaël Patout bénéficie d’un parcours relativement autodidacte et a peu à peu rassemblé autour de lui une équipe d’artistes formés dans les écoles nationales supérieures d’Arts.   Il a été l’assistant de Benoît Lambert, Jean-Paul Wenzel et Pierre Kuentz. Il a également travaillé en tant que collaborateur artistique auprès de Charly Marty, Charlotte Adrien ou encore Marie Braun. Associé au Festival de Caves et au Festival des Nuits de Joux, il a mis en scène des textes de Pier Paolo Pasolini, Dostoïevski, Molière, Georg Büchner et David Foster Wallace. Il a fait des adaptations autour de l’œuvre d’Aby Warburg et des journaux de Joseph Goebbels. Il a aussi mis en scène ses propres textes.   Son intérêt pour l’architecture l’a peu à peu amené à initier des projets avec des structures dédiées à la promotion de cet art et avec des architectes. Il est en partenariat avec Le Conseil de l’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement de la Métropole de Lyon pour des actions artistiques et pédagogiques. Il collabore par ailleurs à La Preuve par 7 dirigé par Patrick Bouchain (prix national de l’urbanisme en 2019) et travaille sur le projet de la rénovation du Collège Jésuite de Billom en Auvergne. De plus en plus, il multiplie les occasions de mettre en lien le théâtre et l’architecture. A chaque fois, il s’agit d’interroger comment les outils du théâtre et de l’acteur en particulier, permettent de regarder la question du bâti et de la cité sous un angle original.   Parallèlement, il intervient auprès de publics dits “en difficulté” dans des hôpitaux et des centres sociaux. Il intervient dans des formations d’art, d’arts appliqués et d’architecture. Il a travaillé avec les étudiants de plusieurs établissements d’enseignement supérieur en leur proposant des workshops et des temps d’expérimentation : l’établissement d’enseignement supérieur de La Martinière Diderot de Lyon en costumes et en design textile, l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en design textile et dernièrement les Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture de Paris – Villette et de Lyon. Raphaël Patout fait actuellement partie de l’ensemble artistique du Théâtre Dijon Bourgogne – CDN de Dijon et sera artiste associé du Théâtre de la Cité internationale de Paris pour la saison 21-22.  

Retour en haut