2022
LA FABRIQUE DU LIEU
Forme sans paroles à jouer partout pour deux interprètes et une bétonnière
Conception et mise en scène
Raphaël Patout
Distribution
Olivier Gabrys (comedien-danseur)
et Paul Gohier (percussioniste)
Régie générale et lumières
Hugo Dragone
Production
Martine Desmaroux
Production
Cie La Chambre Noire
Coproduction
L’Hexagone Scène nationale arts sciences
avec le soutien du CND (Centre National de la Danse)
et de Boom’ Structure – pôle chorégraphique
avec le soutien de la Drac Auvergne-Rhône-Alpes
avec l’aide de Ramdam – un centre d’art
avec l’aide de la Spedidam
![]()
La compagnie est soutenue par la Ville de Lyon.
* La Spedidam est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement , de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées.
Deux hommes dans un bâtiment inoccupé : l’un est comédien-danseur et l’un est percussionniste.
Ils prennent les mesures de l’espace. Ils l’arpentent. Ils l’agencent. Ils construisent, à partir d’outils « simples » : scotchs, tasseaux, cordes… Ils jouent avec le bâti. Ils tentent de l’habiter. Ils fabriquent un Lieu.
La Fabrique de lieu est une pièce de théâtre aux allures de chorégraphie. Elle est composée à partir des gestes qui traduisent l’élaboration mentale et des gestes qui manifestent le passage à l’action concrète. Il y a d’un côté ce qui est de l’ordre de l’esquisse et de l’autre de l’action qui donne lieu à des formes dans le monde matériel.
A la lisière de différents arts, entre théâtre, danse et architecture, entre musique bruitiste et percussions contemporaines, nous avons créés un poème visuel et sonore en lien direct avec les espaces bâtis que nous occupons. Nous tenterons d’y convoquer le génie des lieux.
L’un des enjeux principaux de cette création, sera la question des rythmes.
Entre ceux du corps (gestes, actions, déplacements) et ceux du son entre séquences rythmiques et arythmie, nous jouerons entre la synchronie et l’a-synchronie.
Pour La Fabrique du Lieu, un travail musical est entrepris en collaboration avec le percussionniste Paul Gohier qui s’est formé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon. L’enjeu sera de traduire les états psychiques et les affects traversés par la figure du danseur. A partir d’instruments et de matériaux concrets, il s’agira de fabriquer un espace mental, de décrire des états psychiques.
En choisissant de travailler à partir de percussion, j’ai envie de cultiver une forme d’abstraction qui laisse de la place au spectateur pour se projeter et écrire le récit. Nous travaillerons avec des instruments mais nous conduirons également une recherche autour de matériaux : bois, métaux, verres… Il s’agira de travailler sur la texture des sons et de trouver l’équilibre entre rythme et arythmie. L’un traduira les phases de construction. L’autre les phases d’élaboration.
Le musicien ne sera pas un accompagnateur, mais plutôt un collaborateur. Aussi, il pourra intervenir dans l’espace scénique. Il s’agira alors de mettre en scène la coconstruction. Ce qui m’importe, c’est de décomposer le geste musical afin de donner à voir les étapes de la forme en train de se créer.
Ce désir trouve son origine dans les écrits d’Henry Lefèbvre qui invente la rythmanalyse pour parler de la ville et plus largement de l’ « habiter », et dans la musique du percussionniste Iannis Xenakis qui à partir de séquences rythmiques répétitives, varie peu à peu et trouve une dimension rituelle.
Par ce travail, je souhaite pouvoir mettre en évidence ce que les architectes appellent « Le génie des lieux »,
c’est-à-dire construire un moment poétique et spirituel qui rende sensibles les spectateurs à l’espace qui les entourent et plus largement aux espaces qu’ils habitent..
Directeur artistique — Directeur de projet